Liste INCI, perturbateurs endocriniens et ingrédients à éviter en cosmétique

INCI est l’abréviation de « International Nomenclature of Cosmetics Ingredients ». Dans l’UE, l’utilisation de cette nomenclature est obligatoire pour les cosmétiques depuis 1998 : tous les cosmétiques doivent afficher sur leur emballage la liste des ingrédients dans l’ordre décroissant de leur quantité et sous leur dénomination INCI. Le langage « INCI » ayant une portée internationale est principalement composé de termes latins, scientifiques et de dénominations anglaises. Découvrez dans la suite de l’article les grandes familles d’ingrédients problématiques et les perturbateurs endocriniens connus pour vous aider à décrypter les listes INCI avant d’acheter un produit.

Puisque les 5/6 premiers ingrédients de la liste représentent environ 70% de la formule, vous saurez du premier coup d’oeil si le produit est naturel ou non. Ne prenez pas peur avec cette quantité effroyable de termes scientifiques et barbares. Cet article a pour but d’être le plus informatif possible mais je ne vous lâcherai pas comme çà en pleine nature don’t worry, une fiche mémo sur les perturbateurs endocriniens à télécharger vous attend en fin d’article ! Bonne lecture !


1. Les matières premières éthoxylées

Utilisées comme émulsifiants, bases de gels, liants, émollients mais aussi parfois conservateurs, les matières premières éthoxylées sont composées à base de pétrole et ont un fort pouvoir allergène. Elles peuvent rendre la peau perméable et ainsi laisser passer les substances nocives. Certaines d’entre elles comme le phénoxyéthanol sont également suspectées d’être des perturbateurs endocriniens. Au niveau écologique, ces matières ne se dégradent pas bien et persistent dans l’environnement après leur évacuation. On les reconnaît grâge aux terminaisons -eth ou -oxynol ou encore au préfixe –hydroxyethyl.

Sur l’étiquette : SLS (Sodium Laureth Sulfate), Cereareth X ou Y, Butoxynol, SMS (Sodium Myreth Sulfate, Polyéthylène glycol (les PEG, PEG-100…), Hydroxyethylcellulose, Cetyl dimethicone Copolyol, Quaternium-15…

2. Les huiles minérales pétrochimiques

Utilisées comme texturisants pour donner un aspect velouté aux produits de soins, ces huiles sont elles aussi fabriquées à partir de pétrole. Elles empêchent la peau de respirer (coucou l’obstruction des pores) en formant un film occlusif sur la peau et peuvent provoquer de nombreuses réactions allergiques, la sécheresse de la peau etc… Leur bilan écologique est également désastreux. On en retrouve beaucoup dans les crèmes et soins de la peau (dédicace à la vaseline, aux crèmes pour lutter contre la sécheresse et l’acné, aux crèmes pour bébé (!!!) et aux soins cicatrisants)

Sur l’étiquette : Paraffin, Cera Microcristallina, Parrafinum liquidum…

3. Les alcools gras synthétiques et les solvants

On les trouve dans les crèmes hydratantes, les shampoings, les soins bio et conventionnels. Ils jouent un rôle de conservateur et sont des agents émollients qui permettent de stabiliser les cosmétiques. Ils ont néanmoins la réputation d’être asséchants, irritants pour la peau et sont polluants pour l’environnement. Ils contiennent souvent le mot alcohol précédé d’un suffixe en -yl, ou alors le suffixe -ol au sein d’un nom plus complexe.

Sur l’étiquette : Stearyl Alcohol, Cetyl Alcohol, Lauryl Alcohol, Polypropylène glycol (PPG), hexadecanol, methyl-propyl-caprylyl-alcohol…

4. Les conservateurs

  • Les parabens

    Très médiatisés, les parabens sont suspectés d’être cancérigènes et perturbateurs endocriniens. Ils pénètrent rapidement dans la peau et ont un fort pouvoir allergène et irritant. Attention cependant aux produits « sans paraben » qui peuvent cacher d’autres substances toxiques. Ca va, on nous prend pas trop pour des pigeons quoi.

    Sur l’étiquette : Toutes les terminaisons en -paraben, propylparaben, butylparaben, methylparaben, ethylparaben, parahydroxybenzoate de méthyle, hydroxybenzoate de propyl…

  • BHA et BHT

    Antioxydants chimiques réputés irritants utilisés pour éviter le rancissement des huiles et des corps gras. Ils se révèlent toxiques sur le long terme et peuvent causer de nombreux problèmes de santé. Ils sont suspectés d’interférer avec les fonctions hormonales et d’être cancérigènes.

    Sur l’étiquette : BHT, butylhydroxytoluène, BHA, butylhydroxyanisole

  • Le triclosan

    Perturbateur endocrinien connu, cet anti-bactérien synthétique influe sur le fonctionnement de la thyroïde et forme des résidus cancérigènes qui se fixent dans notre organisme. On le retrouve dans certains dentifrices, bains de bouche, désinfectants pour les mains, savons, déodorants.

    Sur l’étiquette : triclosan, éther de diphényle d’hydroxyle, trichloro, carbanilide

  • Le méthylisothiazolinone

    Utilisé dans de nombreux cosmétiques non bio, le méthylisothiazolinone est un fort irritant cutané. On le retrouve dans les shampoings, gels douche, crèmes, lingettes bébé…

    Sur l’étiquette : methylisothiazolinone, MIT, Kathon CG

  • Le formaldéhyde

    Classé cancérigène par le Centre International de Recherche sur le Cancer, ses effets sont néfastes pour la santé à son contact direct avec la peau, les yeux et son inhalation. Je sais, c’est complètement WTF tout çà. On le retrouve notamment dans certains produits pour les ongles.

    Sur l’étiquette : DMDM hydantoïne, diazolidinyl urea, imidazolidinyl urea, methenamine et quarternium-15, polyquaternium 10

  • Les éthers de glycol

    Solvants très toxiques, ils arrivent à passer notre épiderme et restent dans notre organisme. Ils sont soupçonnés d’être cancérigènes et de causer des troubles de reproduction. Ils ne sont pas non plus biodégradables. On adore !

    Sur l’étiquette : phénoxyéthanol, phénoxytol

 

5. Les silicones

Utilisés régulièrement dans les shampoings, gels douche, crèmes et déodorants , les silicones sont entièrement synthétiques, semi-occlusifs pour la peau et résistent au rinçage. De ce fait, elles (oui, silicone est une fille 😀 !) peuvent s’accumuler sur la peau et les cheveux lorsqu’elles ne sont pas correctement rincées. Non biodégradables, elles sont désastreuses écologiquement et mettent des centaines d’années avant de se désintégrer dans la nature… On les reconnaît à leur suffixes en -one ou -oxane.

Sur l’étiquette : Dimethicone, Cyclométhicone, Cyclohexasiloxane, Hexamethyldisiloxane…

6. Les colorants synthétiques et le P-Phenylenediamine

Certains colorants de teintures pour cheveux sont suspectés d’être cancérigènes et de contenir des métaux lourds toxiques pour le cerveau. De la bombe. Les colorants azoïques peuvent franchir la barrière cutanée et libérer de l’aniline, composé chimique cancérigène. Tous les colorants s’écrivent CI suivi de 4/5 chiffres. Ceux qui commencent par un 3 ou un 4 sont les colorants les plus décriés. On ajoute également à la liste le P-Phenylenediamine, reconnu comme étant très allergisant mais malgré tout autorisé dans certaines teintures capillaires, normal !

Sur l’étiquette : p-phenylenediamine, CI+ chiffres

7. Les parfums synthétiques

Lorsque le mot « parfum » ou « fragrance » apparaît dans la liste INCI d’un produit non certifié bio, il s’agit souvent d’un parfum synthétique. Ce dernier présente souvent un risque de présence de phtalates (Diethyl Phtalate), reconnus comme étant une catégorie de perturbateurs endocriniens. D’ailleurs, les industriels ne sont pas tenus de préciser la présence des phtalates dans la liste INCI. C’est pourquoi ils se cachent souvent derrière ces 2 appellations. On adore la transparence et le jeu de cache cache !
Par exemple, une des fragrances fortement utilisé sur le marché, le Butylphenyl methylpropional (Lilial pour les intimes) est considéré comme perturbateur endocrinien. On le reconnaît à son odeur forte et fraîche évoquant le muguet.

Sur l’étiquette : Lilyal, Lilial, Aldehyde Lilial, Protectol PP, 2- (4-Tert-Butylbenzyl) Propionaldehyde Benzenepropanal, 4- (1,1-Dimethylethyl) -Alpha-MethylBenzenepropanal, 4 (1,1dimethylethyl) A Methyl, P-T-Butyl-Alpha-Methylhydrocinnamic, Butylphenyl methylpropional

 

8. Les filtre UV chimiques

Présents dans la majorité des produits solaires et dans certaines crèmes anti-âge ou crèmes de jour SPF, ils sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens et sont également controversés car ils sont à l’origine de la disparition des coraux. Il faut donc privilégier les produits solaires avec des filtres minéraux et non synthétiques.

Sur l’étiquette : les benzophénones, oxybenzone, benzyl salicylate, butyl methoxydibenzoylmethane, PABA, titanium dioxide, camphor benzalkonium methosulfate, ethylhexyl methoxycinnamate, 4-methylbenzylidene campor

9. Les ingrédients reliés au Diethanolamine (DEA)

Ils sont utilisés pour ajuster le PH des produits, les faire mousser et leur donner une texture crémeuse. On les retrouve principalement dans les soins hydratants et les shampoings. Ils peuvent réagir avec d’autre substances et entraîner la formation de nitrosamines cancérigènes.

Sur l’étiquette : cocamide dea, lauramide dea

10. Les alkylphénols

Utilisés comme émulsifiants, ces composés sont surtout présents dans les produits nettoyants, les mousses à raser, et les produits coiffants. Leurs effets sur la vie aquatique sont très graves et les études en laboratoire ont démontré qu’ils limitent les œstrogènes. Ils sont soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens.

Sur l’étiquette : propylphénol, amylphénol, heptylphénol, octylphénol, nonylphénol, dodécylphénol

11. Le resorcinol

Utilisés dans les produits de soins ou pharmaceutiques tels que produits capillaires, crèmes fongicides, lotions pour traiter les problèmes de peau (acné, dermatites, eczéma, psoriasis, verrues..), le resorcinol est considéré comme un perturbateur endocrinien de la thyroïde. Son exposition a été associée à des troubles du système nerveux central et des anomalies des globules rouges. Très utilisé dans les colorations capillaires, les colorations dîtes « végétales » ne garantissent pas son absence.

Sur l’étiquette : 3-Benzenediol, 1,3Benzenediol, 3-Hydroxyphenol, 4M-dihydroxybenzene, M-hydroquinone, M-Phenylenediol, resorcin, 1,3-Dihydroxybenzene

12. Perturbateurs endocriniens

 

 

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Sources

Connaissez vous et consommez vous la Slow Cosmétique ?
N’hésitez pas à faire un tour sur www.slow-cosmetique.org pour en savoir plus !

1 commentaire

  1. Top, Merci Romane , je vais lire cet article, super intéressant et j’a déja téléchargé cette fiche, que je vais faire partager à ma famille, mes amis…
    Merci tout plein pour ce travail, car ca prend du temps à déchiffrer toutes ces étiquettes et ce qui se cachent derrière?

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